Des cendres à la vigne : deux territoires façonnés par le volcan
Voilà le genre de voyage qui ne laisse jamais indifférent : à quelques milliers de kilomètres de distance, sous le même ciel qui change, les Canaries et l’Auvergne partagent une âme volcanique. Ici, à Mont-Dore, certains coins sentent encore le soufre et l’iode. Là-bas, du côté de Lanzarote ou de Tenerife, ce sont des paysages de cendres et de cratères oubliés. Deux mondes, et un même défi : faire parler la vigne sur une terre de feu.
En Auvergne, le vignoble se déploie sur 390 hectares (source : Interprofession des Vins du Centre-Loire), principalement sur les pentes basaltiques du Puy-de-Dôme et aux abords du Sancy, là où le sous-sol oscille entre pouzzolan, trachyte, et scories. La vigne y côtoie le froid, le vent, le givre, mais aussi la mémoire immémoriale du volcan.
Aux Canaries, il s’agit d’un véritable archipel-vignoble : près de 10 000 hectares répartis sur sept îles (source : Gobierno de Canarias), un puzzle de micro-parcelles cernées par l’océan, la pierre ponce et des cratères parfois menaçants, toujours nourriciers. Ici, l’homme a creusé la lave noire pour planter la vigne, inventant des pratiques uniques au monde.